Guide du chauffage au gaz

chauffage au gaz

Le gaz a longtemps été l'énergie de chauffage préférée des Français : confortable, régulée finement, peu coûteuse à l'usage, et distribuée par un réseau existant. La réglementation environnementale a changé la donne dans le neuf, et l'avenir de la filière dans l'existant est la question du moment.

Effets de la RE2020 sur le chauffage au gaz

Depuis le 1er janvier 2022, l'installation d'une chaudière à gaz est proscrite dans les logements neufs. L'interdiction porte sur tous les modèles, y compris à condensation et à très haute performance : c'est le plafond d'émissions de gaz à effet de serre fixé par la réglementation qui l'exclut, non une performance insuffisante.

Le seuil est entré en vigueur d'abord pour la maison individuelle, puis pour le logement collectif, avec un calendrier décalé qui a laissé le temps aux projets d'adapter leurs solutions, pompes à chaleur, réseaux de chaleur, solutions hybrides.

Chauffage au gaz dans l'ancien

Rien n'interdit aujourd'hui de conserver ou de remplacer une chaudière à gaz dans un logement existant. Les aides à l'installation, en revanche, ont disparu : le remplacement d'une chaudière gaz par une autre chaudière gaz ne bénéficie plus des dispositifs de soutien, qui se concentrent sur les pompes à chaleur, le bois et les réseaux de chaleur.

L'histoire du fioul donne un précédent : d'abord exclu du neuf, puis interdit d'installation en remplacement dans l'existant. Il est raisonnable d'anticiper une évolution comparable pour le gaz, sans en connaître le calendrier. Pour un propriétaire dont la chaudière a plus de 15 ans, cela pèse dans l'arbitrage.

Apport de la condensation

Une chaudière à condensation récupère la chaleur latente contenue dans la vapeur d'eau des fumées, en les refroidissant jusqu'à condensation. Le gain atteint de 15 à 20 % par rapport à une chaudière standard, à une condition souvent ignorée : la température de retour du circuit doit être assez basse, en dessous d'environ 55 degrés, faute de quoi la condensation ne se produit pas et l'avantage disparaît.

C'est pourquoi une chaudière à condensation posée sur un réseau de radiateurs anciens réglé à 70 degrés ne tient pas ses promesses. Abaisser la loi d'eau et, si nécessaire, augmenter la surface d'émission fait plus pour la facture que le changement d'appareil lui-même.

types de gaz

Gaz naturel propane et biométhane

Le gaz naturel distribué par le réseau est le cas général. Hors zone desservie, le propane en citerne prend le relais : même technologie d'appareils, à un prix au kilowattheure sensiblement plus élevé, avec un contrat de fourniture souvent lié au propriétaire de la citerne, un point à lire attentivement.

Le biométhane, produit par méthanisation de déchets agricoles et alimentaires, est injecté dans le même réseau. Il est chimiquement identique au gaz naturel et son bilan carbone est très inférieur. Sa part reste faible et sa montée en puissance est limitée par le gisement de matière organique disponible.

Solutions hybrides de chauffage au gaz

Une pompe à chaleur associée à une chaudière à gaz constitue aujourd'hui un compromis intéressant dans l'ancien : la pompe à chaleur assure l'essentiel de la saison, la chaudière prend le relais lors des pointes de froid, quand le rendement de la pompe s'effondre. On évite ainsi de surdimensionner la pompe et de reprendre tout le réseau d'émetteurs.

Quel que soit l'appareil, l'entretien annuel par un professionnel reste obligatoire pour les chaudières de 4 à 400 kW, et l'attestation est demandée par l'assureur en cas de sinistre.

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